Marcel Godfrind : « Le recyclage des déblais du Grand Paris offrira des marchés à Sandvik »

Les activités de « mining » et « construction » de Sandvik ont fusionné au 1er juillet 2016 en une entité, Sandvik Mining and Rock Technology (SMRT). Cette activité représente 39% du chiffre d’affaires du groupe (9,36 milliards d’euros en 2015, avec 45 000 salariés). Sandvik produit aussi des matériels d’usinage, des porte-outils et des outils de coupe (Sandvik Machining Solutions, 39% du CA). Enfin Sandvik produit des aciers spéciaux à haute valeur ajoutée (Sandvik Materials Technology, 16% du CA).

Son activité dans le BTP a été étendue à partir de rachats au fil du temps (Tamrock et ses filiales), Svedala, Extec, Fintec, etc. A présent, avec son offre de matériels de foration de surface et en souterrain, de concassage et de criblage, de chargement et de transport souterrains, les brise-roche, réunis sous une marque unique en 2007, Sandvik se présente comme un « full liner »dans le secteur d’activité.

Marcel Godfrind est Territory manager pour la France, le Benelux, l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest francophone (pour l’application construction uniquement). Il est également président de Sandvik France. Il explique son organisation, les tendances du marché, et les perspectives de Sandvik dans ses territoires qui engendrent un chiffre d’affaires de 55 millions d’euros.

Le Blog d’Intermat : Quelle est la présence de Sandvik en France ?

Marcel Godfrind : Le siège de Sandvik France est installé dans les locaux d’une unité de production de jumbos surbaissés et chargeuses souterrrains pour veines étroites. Notre organisation pour l’après-vente concassage est restée à Chauny (02), un héritage de CFBK, industriel français racheté en 1997. De la même origine nous avons un bureau d’études à Clichy (92) qui étudie et commercialise les installations « clés en main » dans le Monde entier.

Nous avons revu notre organisation en septembre dernier, afin d’être au plus près des besoins de nos clients. Nous avons confié la vente des équipements, pièces et pièces d’usure, pour le concassage et pour la foration à une équipe de commerciaux pour chacune de ces spécialités.

L.B.I. : Quelle est votre organisation dans les autres territoires ?

M.G. : Nous avons un distributeur pour le Benelux en concassage, Lutz, Cerco pour la foration. En Algérie, un marché à fort potentiel, nous avons un nouveau distributeur, SMT, également concessionnaire de Volvo CE. Au Maroc c’est Bérenger (groupe Premium) qui nous représente. Il est notamment distributeur de Liebherr, de Bomag, Ermont, Marini C’est un pays où l’on a de bonnes parts de marché en concassage. En Tunisie nous avons un distributeur pour le concassage, Somer, et un autre pour la foration, Matech.

En Afrique de l’Ouest francophone, nous vendons à travers la société Equipement et Service BIA.

L.B.I. : Quelle est l’importance du service dans vos activités ?

M.G. : Le SAV, service, pièces de rechange, et pièces d’usure représente environ 50% de notre chiffre d’affaires. Nous avons plusieurs niveaux de contrats jusqu’au « full service ». Les carriers français estiment souvent que l’entretien fait naturellement partie de leur métier. Nous leur proposons alors une ou des solution(s) intermédiaire(s) avec un contrat d’expertise comportant deux visites par an de leurs matériels et des extensions de garantie. Certains apprécient cet œil extérieur qui permet d’anticiper les besoins et les casses éventuelles afin de minimiser leur coût à l’heure.

L.B.I. : Sandvik travaille-t-il au transfert des données à distance, à l’automatisation des exploitations ?

M.G. : En France nous travaillons de plus en plus avec le SanRemo, un système de monitoring à distance des matériels. Les paramètres de fonctionnement des machines sont transmis aux clients et à notre service après-vente. Ceci nous permet d’anticiper des pannes et de prévoir les interventions techniques nécessaires. Pour l’instant cet équipement peut être monté sur les chariots de foration et les appareils dans les installations fixes. Les concasseurs et cribles mobiles seront bientôt concernés. Sandvik travaille aussi dans l’automatisation, pour des exploitations souterraines, avec des camions qui sont pilotés depuis la surface.

L.B.I : Quelle est la conjoncture dans vos spécialités ?

M.G. : Je pense que la production de granulats en France a touché le fond l’été dernier. Au début de la crise, il n’y avait plus d’investissement, mais les carrières tournaient et consommaient donc des pièces, entre autres parce certains matériels étaient vieillissants. Aujourd’hui, la consommation de pièces a diminué parce que les matériels tournent moins. Toutefois les prévisions sont plus optimistes pour l’avenir et nous en ressentons les prémisses.

L.B.I. : Quels sont vos objectifs de développement ?

M.G. : La conjoncture récente nous a montré que nous en sommes très dépendants des carrières. Nous devons nous développer vers les travaux publics, et la démolition qui sont demandeurs également de matériels de foration et aussi de matériels mobiles de concassage et de criblage. Nous avons aussi l’intention de développer nos ventes hors de France, en accompagnant davantage nos distributeurs.

L.B.I. : Le Grand Paris peut-il vous apporter des marchés ?

M.G. : Les chantiers souterrains seront surtout utilisateurs de tunneliers. Mais il y aura des ouvrages annexes, avec de petits matériels de foration souterraine ainsi que des engins de chargement. Il y aura aussi des besoins en en matière de concassage mobile, employés au recyclage de 70% des 43 millions de tonnes qui seront excavés.

 

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