Pierre Haladjian : « Notre réseau de réparateurs va permettre à Haladjian de conforter sa place dans la vente des pièces pour les matériels de chantier »

Haladjian, connu comme importateur de pièces Caterpillar d’origine en France, a progressivement enrichi son offre pour les matériels de chantier avec d’autres marques. Il a notamment acquis une place importante dans la vente des pièces d’usure, avec la carte Esco, et la réparation de godets. Haladjian propose aussi des solutions pour la prévention des risques industriels et environnementaux via sa filiale Haleco. L’entreprise d’Avignon réalise à présent un chiffre d’affaires consolidé de 80 millions d’euros, dont 20 millions à l’international. Elle lance à présent un service d’entretien des machines associé à la vente de pièces détachées via un réseau national de partenaires – réparateurs indépendants intervenant en sous-traitance. Pierre Haladjian, directeur général en charge du développement international, explique la stratégie de son groupe.

Le Blog d’Intermat : Quel est le métier d’Haladjian ?

Pierre Haladjian :  Nous sommes « mandataire autorisé » pour nos clients français auprès de Caterpillar. Mais depuis lors nous avons ajouté à notre offre les pièces des marques Komatsu et Volvo.  En complément de notre offre en pièces d’origine et pour répondre aux attentes de nos clients, nous avons regroupé sous un programme Partinium des pièces première monte dont nous sommes distributeur officiel sen France comme Timken, Parker, Rexroth, Bosch… Nous avons aussi enrichi notre offre avec l’acquisition de la société de CSP Beillon, spécialisée dans la fabrication et la maintenance des installations fixes de carrières. Elle possède une expertise reconnue et va nous permettre de développer nos activités dans les carrières et le secteur du « mining », en France mais aussi à l’international.

L.B.I. : Quelle est votre activité à l’international ?

P.H. : Nous avons créé une filiale au Maroc. Elle dispose d’un stock de pièces et nous sommes en train de monter un atelier. En Afrique subsaharienne nous avons commencé par le marché du « mining ». Nous travaillons bien dans les pays miniers d’Afrique de l’Ouest, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Niger, en Sierra Leone.

Nous souhaitons aussi nous développer dans le marché des travaux publics, un secteur que nous connaissons bien. Nous procéderons à partir d’installations locales, avec des commerciaux, des mécaniciens, des stocks et des ateliers. Pour notre développement en Afrique, nous nous appuyons notamment sur Esco, constructeur de godets et de pièces d’usure, qui nous a confié ce territoire. Notre objectif est de réaliser, à terme, au moins 50% de nos activités hors de France.

L.B.I. :  Quelles sont les changements à attendre dans vos métiers ?

P.H. : L’Internet bouleverse et va bouleverser les relations commerciales. Ce sera une rupture technologique pour les métiers de la distribution. On peut acheter un filtre Caterpillar en ligne et se le faire livrer. Il n’est pas exclu que les constructeurs de matériels s’appuient sur ce canal de distribution, qui marquera le début de la désintermédiation. C’est pour nous l’occasion de nous appuyer sur notre expertise technique et de continuer à vendre de la pièce au travers du service. Par exemple, nous mettrons en relation nos clients avec notre réseau de partenaires – réparateurs tout en garantissant la qualité des pièces, des prestations et l’expertise sur les machines Caterpillar, Komatsu et Volvo. C’est un modèle disruptif qui a pour objectif de sécuriser notre activité et de pérenniser notre société familiale.

L.B.I. : Vous entrez de nouveau en concurrence avec les distributeurs des constructeurs ?

P.H. : Nous proposons une alternative, mais multimarque, c’est notre force. Nous sommes indépendants et proposons les pièces adaptées en fonction des besoins des clients et, désormais, si le client le souhaite, le service associé . Nos clients aiment avoir la liberté de choix, et sans alternative, il n’y a pas cette liberté de choix. Pour cette raison ils sont plus que favorables à notre projet. Mais nous ne pouvons commencer que modestement puisque nous devons offrir une qualité de prestation identique sur l’ensemble du territoire.

L.B.I. : Comment est organisée cette nouvelle offre ?

P.H. : Nous devons couvrir le territoire français afin d’intervenir avec un minimum de déplacements. Pour cela nous sommes en train de constituer un réseau de réparateurs pour avoir une couverture large et homogène. Ils se conformeront à notre cahier des charges et le tarif des interventions sera, pour un même client, identique partout en France, avec pour seule variable les frais de déplacement qui seront fonction du lieu d’intervention.

L.B.I. : Allez-vous vous impliquer davantage dans l’Internet ?

P.H. : Il faut considérer l’Internet, non comme une menace, mais comme une opportunité, un levier de vente. Il n’est pas exclu que nous trouvions, à terme, une position sur des places de marché spécialisées. Nous sommes déjà présents sur certaines places de marché spécialisées avec notre filiale Haleco.

Marchés Services Vue 3994 Clics

Ajouter un commentaire