Marché des matériels de chantier en France : + 31% en 2016, + 7,5% en 2017

+ 7,5% en 2017 et + 15% en 2018, respectivement par rapport à 2016 et 2017 : le Seimat rectifie à la hausse ses prévisions, rendues publiques il y a peu, pour le marché des matériels de chantier en France. Et ceci de la bouche même du président du Syndicat des entreprises internationales de matériels de travaux publics, mines et carrières, bâtiment et levage, Jean-Marie Osdoit.

Croissance jusqu’en 2020

« Au mois de novembre dernier les maisons-mères des importateurs de matériels en France prévoyaient un marché mondial 2016 à -3%. On s’aperçoit qu’à part les Etats-Unis, encore dans l’attente des effets de l’élection de Donald Trump , on est plutôt sur un 0 à + 5%. Une prévision plus que confirmée par celle du bureau d’études économiques Off-Highway Research (OHR). Celui-ci estime que le marché mondial des matériels progressera de 7% en 2017, à 695 142 unités.  Une progression qui se poursuivrait, pour OHR, jusqu’en 2020. Le marché chinois notamment, après une chute vertigineuse amorcée en 2011, serait sur la voie d’un rétablissement qui se poursuivrait au-delà de 2020.

« L’Amérique du Sud connait un début de reprise, complète Jean-Marie Osdoit. L’Afrique reste relativement stable, ainsi que le Moyen-Orient. Mais l’Europe entraîne la zone EMEA (Europe-Middle East-Africa) dans une tendance positive. L’Allemagne est en légère croissance. Les pays scandinaves sont relativement stables. Nouveauté, les marchés d’Europe du Sud, Italie, Espagne, voire Portugal, connaissent enfin la reprise ». Les marchés amorcent donc un nouveau cycle, assure le président du Seimat.

Reprise structurelle

« Conséquence du déficit d’investissement des dernières années : depuis 2009, le parc de matériels en France diminué dans notre pays de 20% à 30% » dit Jean-Marie Osdoit. « Nous avons touché le fond en 2015, mais nous sommes au début d’une reprise structurelle ».

Les ventes de matériels en France en 2016 ont en effet progressé de 31%, à 17 995 unités. Les matériels de terrassement ont cru de 21%, et les matériels compacts de 35% – ces ventes étant stimulées par les ventes aux loueurs (+135%). Les matériels routiers ont été en croissance de 21%, les matériels de levage et d’élévation à 18%, avec + 34% pour les nacelles très largement achetées par les loueurs. Les ventes de matériels pour le béton ont cru de 53%, avec, notamment les ventes de bétonnières portées à + 62%. Les effets de la loi « Macron » sur le suramortissement des investissements productifs, se sont fait particulièrement sentir au premier trimestre de l’année dernière, puis de manière plus modérée dans le reste de l’année, explique Pascal Petit-Jean, le secrétaire général du Seimat. « Mais la loi n’explique pas tout, puisque nos prévisions de croissance du marché 2016, 10%, ont été largement dépassées » se félicite Jean-Marie Osdoit.

La reprise, très sensible en 2016, pourrait être appuyée, dès 2017, par une conjoncture favorable

La reprise, très sensible en 2016, pourrait être appuyée, dès 2017, par une conjoncture favorable, matérialisée par les perspectives de la FNTP (Fédération Nationale des Travaux Publics), notamment en matière de travaux routiers, comme par le net retour à la croissance observé par la FFB (Fédération Française du Bâtiment) (*).

B to B to O

Parmi les projets générateurs de demande de matériels, le Grand Paris. « Ce projet présente plusieurs aspects qui provoqueront des travaux très importants, commente Jean-Marie Osdoit : les nouvelles gares et celles qui seront aménagées, les lignes, les sept « clusters », les zones à développer autour des gares ».

La concentration croissante des populations dans les villes, que ce projet accompagne, pourrait engendrer une évolution de la demande de matériels. « On va chercher toujours davantage la polyvalence, avec des porte-outils, notamment des matériels compacts, dotés d’accessoires très variés.  Le compact va être à la ville ce que le robot est à l’usine » prédit Jean-Marie Osdoit. De plus, la nature des travaux en milieu urbain, le souci croissant de sécurité passive et active, vont entraîner l’utilisation d’une électronique qui prendra de plus en compte l’opérateur. Les constructeurs proposeront toujours des biens d’équipement aux entreprises, dans une démarche B to B, mais les matériels devront de plus en plus tenir compte de l’opérateur, dans une démarche que l’on pourrait qualifier de « B to B to O » (« business to business to operator »).

(*) Voir « Le bâtiment en France : + 3,4% en 2017 et 410 000 logements », Blog d’Intermat, 23 décembre 2016

 

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