Reprise de la construction : pas avant 2014

Centre commercial à Villeneuve-la-Garenne - Le marché du non résidentiel neuf demeure soutenu. Photo Michel Roche

Patrick Bernasconi souffle le chaud et le froid. « Le problème du financement des collectivités locales est en train de se résoudre » se félicite le président de la Fédération nationale des travaux publics. Au minimum 15 milliards d’euros devaient être disponibles – dont 5 milliards venant de la Banque postale. Patrick Bernasconi appelle à la mobilisation de liquidités propre à financer les projets à moyen terme et à long terme, – comme par exemple ceux qui portent sur l’adduction d’eau et l’assainissement – un financement « difficile à trouver », que les banques pourraient mobiliser à la source. Il cite notamment la « surcollecte » des livrets A et du LDD,

Collectivités locales
Cependant la FNTP anticipe une baisse de la demande des collectivités locales de 2,5% en 2013. « Du jamais vu en année pré-électorale ». Ces collectivités représentent 45% de la demande de travaux publics. La demande du secteur privé est déprimée (-5% pour 2012). Quand à la demande de l’Etat, elle est à -8%. La FNTP anticipe une diminution de ce poste de 9% en 2013. Au total, la FNTP confirme le recul de 2012, avec -1,5%, à 39,9 milliards d’euros constants (41 milliards d’euros courants). Celui de 2013 est estimé à 2,5%, avec une perte de 5 000 emplois après les 3 000 de 2012.

Disparités
La conjoncture déprimée des TP recouvre cependant des réalités disparates. Sur le plan géographique par exemple : entre le monde rural et les petits chantiers, sinistrés, et le monde urbain qui semble préservé : – 25% sur dix ans dans le Limousin, + 25% en Ile de France pour la même période.
«Les grands chantiers et les programmes de rénovation des grands opérateurs sont porteurs » constate Patrick Bernasconi. En particulier avec les lignes LGV et les programmes de transport en commun. La FNTP envisage, pour ce secteur, une hausse de 8% en volume pour 2013. A titre d’exemple ce sont 96 projets de transports en commun qui devraient être en cours en 2013, contre 80 en 2012.

Entretenir les infrastructures
Quelles solutions ? « Il informer les collectivités locales des crédits dont elles peuvent disposer et les convaincre d’investir davantage » dit Patrick Bernasconi. Ce sera l’objet d’une campagne lancée en janvier 2013.
C’est aussi aujourd’hui qu’il faut se préoccuper des grands travaux d’infrastructure à démarrer en 2016-2017, dit le président de la FNTP.
Il faut aussi entretenir les infrastructures, qui en ont bien besoin : « Entre 2008 et 2013, les crédits d’entretien routier ont été réduits de 50% » illustre le président de la FNTP.

Bâtiment : 2012 pas si mauvais
Surprise pour l’activité bâtiment : 2012 ne sera pas aussi mauvais que prévue. Elle n’a reculé « que » de 1,2% en volume, à comparer aux -1,9% en prévus. « L’inertie des marchés est très importante dans nos métiers » explique Didier Ridoret, le président de la Fédération nationale du bâtiment. 14 500 emplois « seulement » auront été détruits cette année, au lieu des 35 000 prévus. Raisons de cette relative tenue du marché : la hausse du marché du non-résidentiel neuf (+ 1,4%), avec + 6,6% pour les bureaux, et la faible baisse du marché de l’amélioration-entretien (- 0,7%).

Le logement neuf très bas
Mais c’est reculer pour mieux sauter. Didier Ridoret annonce un marché 2013 en repli de 3,5%, entraînant la destruction de 40 000 emplois. Le repli du logement neuf en 2012 (- 3,5%) devrait s’accentuer à – 7,2%. On passerait à une production de 315 000 logements, contre 341 000 en 2012, et 421 000 en 2011. Le choc du neuf devrait être en partie amorti par le recul limité de l’amélioration-entretien (- 0,5%). A la situation économique du pays, atone, d’ajoute une chute de la distribution du crédit, et la dégradation de l’environnement institutionnel, constate Didier Ridoret. « Il n’y a pas à espérer de sortie de la crise du secteur avant 2014, fin 2014 » précise le président de la FFB. « Les effets de la loi Scellier avaient mis dix-huit mois à se faire sentir. L’inertie du secteur agira de même avec la loi Duflot ».
Il faut cependant situer ces perspectives dans le contexte européen. Et la France ne s’y est pas trop mal placée. Ralentissement général de l’économie plus crise de la dette : 2012 s’est achevé pour le continent à -5% et le marché de la construction devrait, en 2013 chuter de 10 à 15%. Ce sont les chiffres retenus par le Cece (Committee for European Construction Equipment).

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