Depuis vingt ans le Club Seimat encourage les jeunes à choisir la maintenance des matériels de chantier

La mécanique peine à trouver des recrues en France. Les jeunes s’orientent difficilement vers ce métier. « Nous avons du mal à renouveler nos personnels de maintenance des matériels de chantier», déplore Jean-Marie Osdoit, le président du Seimat (Syndicat des entreprises internationales de matériels de travaux publics, mines et carrières, bâtiment et levage).

Collaboration
A l’initiative de Pierre Leboucher, à l’époque président du Seimat, le Club Seimat est créé en 1993 afin de donner des solutions à ce problème. L’objet est de mobiliser les entreprise membres du Seimat pour l’emploi des jeunes, de faire connaître les métiers de la maintenance et de collaborer avec les enseignants pour apporter aux jeunes en formation dans la filière les meilleures qualifications possible. « L’idée d’associer dans un même projet éducatif les entreprises de matériels et le corps enseignants était lumineuse» remarque Jean-Marie Osdoit.

La filière complète
Le Club Seimat a suscité la création de BEP spécialisés, puis de CAP. « A présent nous couvrons toute la filière : CAP (certificat d’aptitude professionnelle), baccalauréat professionnel, BTS (brevet de technicien supérieur), licence professionnelle » explique Didier Champalle, le secrétaire général du Seimat. Des formations dispensées par des lycées professionnels de l’Education Nationale et des établissements privés sous contrat. Si l’on envisage la totalité du cursus, ce sont environ 3000 élèves qui sont concernés.

Un référentiel
Le référentiel de ces formations a été établi en collaboration entre les constructeurs et des représentants de l’Education Nationale.
Les membres du Club Seimat s’impliquent également largement dans l’organisation du Concours Grand Prix du Club Seimat, qui voit s’affronter chaque année les meilleurs éléments des établissements scolaires concernés, pour la partie écrite, et ensuite pour les épreuves pratiques sur les matériels. Ils animent aussi les ateliers des Universités d’été du Club – la première a été organisée en 1994 et elles se sont suivies depuis lors dans de nombreuses régions – en y présentant leurs dernières technologies et leurs nouveaux matériels.
« La grande majorité de ceux qui sortent avec leur diplôme sont embauchés dans les entreprises où ils ont fait des stages ou passé leurs périodes d’alternance quand ils étaient sous ce régime » ajoute Didier Champalle.

12 entreprises et 51 établissements scolaires
Aujourd’hui le Club Seimat, ce sont douze entreprises de matériels – contre quatre à l’origine – et cinquante et un établissements scolaires.
Son vingtième anniversaire a été célébré lors de l’Université d’été 2013, en août dernier, un évènement qui a rassemblé plus de deux cent personnes. L’Université a été animée par 20 représentants des entreprises membres du Club et a vu la présence d’une soixantaine d’enseignants provenant d’une trentaine d’établissements. Les futurs mécaniciens ont pu profiter des 10 ateliers techniques pour prendre connaissance des évolutions réglementaires et technologiques relatives aux matériels de chantier, notamment grâce à la présence de machines modernes mises à disposition de l’évènement par les constructeurs. L’évènement a été suivi par une visite du chantier de la LGV SEA organisée par Vinci.

Candidats par défaut ?
« Cette Université d’été a montré la maturité de notre démarche, se félicite Jean-Marie Osdoit. L’échange entreprises-enseignants fonctionne très bien. Il est nécessaire de poursuivre notre action ». Le président du Seimat envisage une nouvelle étape dans l’action de son syndicat. « Il faut maintenant intensifier nos efforts vers les élèves et vers ceux qui sont chargés de leur orientation pour que nos métiers ne soient plus, comme c’est encore trop souvent le cas, choisis par défaut. Il faut valoriser les aptitudes des élèves ».
C’est en en effet aux enseignants d’identifier parmi leurs élèves ceux qui ont les qualités nécessaires pour réussir dans le métier de la maintenance des matériels. « Il faut lutter contre l’image, périmée, d’un travail physique et rustique. Aujourd’hui les matériels et leurs composants, moteurs, boîtes de vitesse, sont très sophistiqués et gérés par l’électronique embarquée, commente Didier Champalle.
« De plus, le secteur offre aux mécaniciens des occasions de promotion, vers des postes commerciaux à responsabilité, et même parfois à des fonctions de direction – à condition que les candidats parlent anglais, car nous travaillons dans un environnement international », ajoute Jean-Marie Osdoit.

Objectif : doubler les diplômés
Ce sont les prescripteurs qu’il faut convaincre, dit le président du Seimat : les conseillers d’orientation, les professeurs, et les parents d’élèves.
Les collégiens, eux-mêmes, peuvent profiter du « bus découverte » qui leur permet de visiter les ateliers des distributeurs et les installations des importateurs de matériels. Ils bénéficient aussi, tous les trois ans, de visites particulières d’Intermat. La Journée Jeunes d’Intermat 1994 avait été le lieu de la création officielle du Club Seimat. A Intermat 2012 les jeunes ont été accueilli dans un « maintenance café » organisé avec le Club Seimat, le Cisma (Syndicat des Equipements pour la Construction, les Infrastructures, la Sidérurgie et la Manutention) et le DLR (Fédération nationale des distributeurs loueurs et réparateurs de matériels de bâtiment, travaux publics et manutention).
L’objectif est mesurable : doubler les diplômés en maintenance des matériels. Ils sont environ 500 à 600 à sortir chaque année des établissements concernés. Or les besoins annuels des constructeurs, importateurs, distributeurs et loueurs, est de 1000 à 1200 techniciens de maintenance.

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