Fabrice Fay : « Avec le Pôle France Coffrage, nous avons formé une alliance de quatre constructeurs pour développer nos ventes à l’international »

Comment faire progresser plus vite les ventes que la location dans des spécialités où les entreprises s’engagent relativement peu ? En innovant, explique Fabrice Fay, le P-DG de Mills, également directeur technique de Mills et d’Entrepose.
Mills (chiffre d’affaires 24 millions d’euros, dont 10% à l’international, 150 salariés) fait en effet partie d’un groupe, Scaff’Holding, avec Entrepose Echafaudages, et une société de montage, LEP (Les Echafaudeurs Parisiens). Ces sociétés appartiennent en majorité à leurs salariés. Entrepose et Mills partagent trois installations industrielles et une structure de vente à l’étranger. Leurs réseaux commerciaux en France demeurent indépendants à l’image de PSA dans l’automobile. La sortie de deux produits innovants, aisés à utiliser, stimulent les ventes de Mills en France. Le P-DG explique pourquoi quatre fournisseurs de solutions pour le coffrage et l’étaiement se sont alliés dans le « Pôle France Coffrage ». Objectif : développer l’international.

L.B.I. : Comment est l’activité pour Mills cette année ?
F.F. : Malgré la conjoncture du BTP l’activité de Mills est bonne. Pour deux raisons.
En premier lieu, la sortie de la Touréchaf, il y a cinq ans, a un peu révolutionné le marché en incorporant la sécurité dans les tours d’étaiement. Elle est devenue la référence et nous avons équipé les trois majors avec ce matériel. Cela nous a apporté une forte dynamique. En 2014 notre chiffre d’affaires a cru de 11% par rapport à 2013, déjà en croissance. Nous prévoyons une année 2015 identique à 2014, ou avec un petit plus.
Deuxièmement, nous connaissons depuis le début de l’année un gros succès avec l’Escalib, un escalier de chantier modulaire. Nous avons vendu 500 modules en 6 mois. C’est un produit conçu par Vinci, avec qui nous avons négocié la possibilité d’exploiter le brevet. Nous fabriquons ce matériel et nous le vendons aux autres entreprises, dont Bouygues et Eiffage, mais aussi aux entreprises régionales, Léon Grosse, Demathieu et Bard, Nord France, etc.

L.B.I. : La Touréchaf a modifié votre offre en matériels d’étaiement ?
F.F. : Dans notre catalogue pour l’étaiement nous avons le Mills Tour pour les TP, une tour échelle et une tour étai pour le bâtiment. La Touréchaf s’y est ajoutée. Elle a le poids d’une tour de bâtiment et reprend la charge d’une tour de TP. C’est le produit d’avenir pour la France. Moins pour l’international, où l’on ne veut pas toujours payer un surcoût pour accroître la sécurité et où la Mills Tour est appréciée.

L.B.I. : Vous avez aussi une activité échafaudages.
F.F. : Les échafaudages, représentent 40% de nos activités. Nous avons des matériels à cadre et des multidirectionnels. Avec ces derniers nous pouvons constituer des tours escaliers de chantier, ou pour le public. Nous développons aussi les échafaudages avec charpente métallique, notamment pour la constitution de bases-vie en hauteur pour les travaux urbains.

L.B.I. : Quelle part de votre chiffre d’affaires vient de l’activité location ? Progresse-t-elle ?
F.F. : 40%, avec un parc de 13 000 t de matériels. Elle progresse un peu, mais nos ventes aussi. La location est souvent assortie d’une prestation de montage, par exemple pour les tours d’étaiement. La Touréchaf est facile à monter. Aussi de nombreux clients, éventuellement après l’avoir louée, l’achètent et la montent eux-mêmes. J’ajouterai que nous avons une activité importante d’études pour les entreprises. Ces prestations mobilisent 20 personnes !

L.B.I. : Quels sont vos gros marchés à présent ?
F.F. : La centrale d’épuration d’Achères (78), la deuxième plus importante au Monde. Nous avons fourni tous les échafaudages et coffrages horizontaux d’Eiffage et de Vinci, 1000 t de matériels. On termine le chantier des ouvrages d’art de la LGV Nîmes-Montpellier et de l’A 9 à Montpellier. Nous avons vendu 400 t d’étaiement pour Iter à Cadarache. L’un de nos gros objectifs c’est le métro de Rennes. Nous avons déjà obtenu le marché pour le coffrage d’une station. Nous sommes attentifs au Grand Paris. Nous visons un développement à l’international et notamment en Europe où l’on n’a été pas toujours été très présent et où les critères de sécurité sont malgré tout plus importants qu’ailleurs – nous comptons donc sur notre Touréchaf et sur notre Escalib. C’est l’une des raisons de la création du « Pôle France Coffrage », avec Sateco, Alphi et Batiroc Protect.

L.B.I. : Vous avez exposé sous cette bannière à Intermat 2015. Cette alliance préfigure-t-elle des rapprochements de capital ?
F.F. : Aucunement. C’est uniquement un partage de notre réseau commercial à l’international, mais nous répondons en lots séparés. Nous avons en effet inauguré cette alliance à Intermat et nous allons continuer dans les salons à venir.

LB.I. : Il n’est pas envisageable d’aller plus loin ?
F.F. : Nous avons reçu des sollicitations pour étendre notre alliance. Mais dans un premier temps il faut que nous apprenions à vivre ensemble. Nous discutons, par exemple avec Sateco sur la politique d’achats de nos usines. Pour l’instant l’un de nos objectifs est d’apporter un service à nos clients sur les salons.

Industriels Produits Vue 4252 Clics

Ajouter un commentaire