Daniel Ancrenaz : « Quadra a étendu ses compétences pour pallier la chute de la demande d’installations de préfabrication »

Quelles sont les évolutions du marché des installations de préfabrication ? Quel est avenir de Quadra ? Daniel Ancrenaz, le président de la société, répond. Ancien directeur technique chez un constructeur du même secteur, il crée Quadra en 1994. A présent, cette entreprise spécialisée dans la conception et la réalisation des installations de préfabrication réalise un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros. Leader dans sa spécialité en France, Quadra vend la moitié de ses produits à l’étranger. Le constructeur se développe à partir d’une écoute attentive des besoins du marché et par l’innovation. Et il n’exclut pas d’exercer ses compétences en dehors de la construction.

Intermat Blog : Comment a évolué votre offre ?
Daniel Ancrenaz : Notre cœur de métier c’est vibrer et compacter du béton pour faire des produits manufacturés comme des blocs, des pavés, des bordures, à l’aide d’unités de production faites pour cela. Mais, autour de ce cœur de métier, et face à la crise, aussi bien en France qu’à l’étranger, nous avons évolué et nous nous sommes diversifiés afin de garder un niveau d’activité suffisant. Nous avons joué sur l’innovation et développé des machines complémentaires, à démoulage différé et à démoulage immédiat. C’est pour cela que nous avons racheté l’activité et la marque Ateliers du Loir, spécialisée dans ces matériels.

L.B.I. : Comment repérez-vous la demande d’innovation ?
D.A. : Il faut être audacieux et répondre aux demandes particulières, mêmes latentes. Nous avons innové dans le domaine de la rectification des blocs, des presses, etc. Ainsi nous sommes capables de satisfaire les grands groupes comme les petits opérateurs. Le produit en béton a perdu des marchés pendant des années, au détriment d’autres systèmes constructifs. Les industriels du produit en béton ont essayé de redonner de la vigueur à leur produit en innovant, avec différents constituants : incorporation de végétaux, de minéraux, de produits isolants. Il y a donc une demande d’équipements spéciaux, et d’adaptation de lignes existantes. De plus nous travaillons sur les installations pour réduire les nuisances sonores, la transmission des vibrations, la pénibilité du travail. A la fin de l’année nous sortirons un machine pour faire des blocs avec du chanvre. On nous consulte à présent pour faire des produits avec du bois avec un procédé adapté.

L.B.I. : Quelle est la part de la recherche dans vos activités ?
D.A. : C’est difficile à dire. Nous ne savons pas la comptabiliser. Elle peut être affectée à l’amélioration de nos produits ou bien attachée à des affaires. Je peux en revanche vous parler de notre implication dans un FUI, un Fonds Unique Interministériel (*), qui se nomme PARC (Procédé d’Aggloméré de Recyclés en Compacté), et qui implique des universitaires et des PME. Il s’agit de compacter des fines de minéraux pour leur donner une densité aussi importante que celle de la roche d’origine. On pourrait ainsi recycler ces fines, aujourd’hui non utilisées. Quadra est chargé de construire un pilote à l’échelle industrielle, installé dans nos locaux, qui permettra d’opérer des tests sur différents matériaux pour la chimie, la sidérurgie et le béton. Les clients viendront avec leur matière première, que nous traiterons. On fera ensuite des tests de compacité sur le produit obtenu. Ce prototype nous permettra peut-être aussi de faire évoluer nos presses vibrantes à béton. C’est pour nous un investissement de plus d’1 million d’euros…

L.B.I. : Quels sont vos marchés à l’étranger ?
D.A. : Nous développons notre réseau d’agents partout où nous le pouvons. Nous sommes pragmatiques et lucides, éclectiques et éclairés et nous faisons une quinzaine de salons par an. Parmi les marchés qui comptent le plus on compte l’Amérique du Nord, et l’Amérique du Sud.

L.B.I. : Vous n’avez pas l’intention de produire à l’étranger ?
D.A. : L’idée c’est de produire au Brésil pour l’Amérique du Sud, mais nous ne sommes pas encore prêts.

L.B.I : Quadra dans dix ans ?
D.A. : Autour de mes deux fils nous avons une équipe stable et compétente. Et tout ce qui a fait le succès de Quadra sera poursuivi et amplifié. La situation financière de Quadra est saine et nous avons les moyens de notre développement. Et nous avons fait des alliances d’intérêt stratégiques « gagnant-gagnant ». Dans dix ans Quadra aura mis à profit un niveau d’expertise pluridisciplinaire avec un haut niveau de qualité et de service.

L.B.I. : Qu’entendez-vous par pluridisciplinaire ?
D.A. : Aujourd’hui notre métier c’est le béton. Il n’est pas exclu de transposer notre technologie dans d’autres secteurs industriels. Notre but c’est d’élargir notre champ de compétence pour assurer une pérennité à notre activité.

(*) Le fonds unique interministériel (FUI) finance des projets de recherche et de développement collaboratifs labellisés par les pôles de compétitivité. Le FUI a vocation à soutenir des projets de recherche appliquée portant sur le développement de produits, procédés ou services susceptibles d’être mis sur le marché à court ou moyen terme, généralement 5 ans.

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