COP 21 : la construction, levier majeur contre le réchauffement climatique

Et la construction ? La COP 21 s’est achevée, à Paris, 12 décembre 2015.
La réunion avait pour objectif d’obtenir des engagements pour limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l’époque pré-industrielle, d’ici la fin de ce siècle. Or le bâtiment participe largement à ce réchauffement.

Energie et évènements climatiques
La Fiec (Fédération de l’Industrie européenne de la Construction) a bénéficié du label COP 21 pour la réunion qu’elle a tenue au siège de la FNTP en décembre, avec l’appui de la FNTP et de la FFB. L’objet de cette réunion était « Changement climatique : les solutions de l’industrie de la construction ». La construction est concernée à plusieurs égards par les changements climatiques actuels et à venir.
D’une part, le bâti utilise 40% de l’énergie consommée dans l’Union européenne. C’est pourquoi, si l’on veut tenir les objectifs que la COP 21 s’est assignée, il est urgent d’en limiter la consommation énergétique.
D’autre part, le bâti, et les infrastructures, sont mis en danger par des événements climatiques extrêmes, dont on constate qu’ils sont de plus en plus fréquents.
Mais il faut donc prémunir les populations des conséquences de ces évènements.
Enfin, l’industrie de la construction est elle-même consommatrice de matériaux et d’énergie fossile.

Propositions
La réunion parisienne a donné l’occasion à la Fiec de présenter ses « 10 propositions pour lutter contre le changement climatique » : Promouvoir l’efficacité énergétique des bâtiments ; Renforcer la résilience au changement climatique des villes et des territoires, Favoriser le passage à des infrastructures résilientes et des bâtiments décarbonés ; Encourager l’innovation contractuelle ; Valoriser l’innovation technique et technologique ; Mobiliser et orienter le financement d’actions en faveur du développement durable ; Renforcer les interconnections dans le domaine énergétique ; Soutenir la formation et adapter les compétences dans le domaine de l’adaptation au changement climatique ; Faciliter l’utilisation des produits décarbonés et recyclés.

Rénovations majeures
« La première proposition, promouvoir l’efficacité énergétique des bâtiments, est réalisable à la fois dans la construction neuve mais aussi dans la rénovation des édifices existants, commente Johan Willemen, le président de la Fiec. Un grand nombre de bâtiments ont plus de cinquante ans d’âge, ajoute-t-il. C’est l’occasion de faire des économies d’énergie pour un coût moindre que dans n’importe quel autre secteur ».
Mais il faut envisager à la fois les mesures propres à économiser l’énergie du bâtiment, et celles relatives à la résistance aux sollicitations extrêmes : les mesures énergétiques et les mesures structurelles. Il faut enfin inclure dans ces opérations l’élimination des matériaux dangereux qui n’étaient pas considérés comme tels au moment de la construction, et en outre respecter les exigences actuelles en mesure d’accessibilité, ajoute le président de la Fiec. « Le traitement global du bâti est la condition pour obtenir les meilleurs résultats » conclut le président de la Fiec, ce qu’il nomme des « rénovations majeures ».

Economie circulaire
La construction est aussi largement impliquée dans l’utilisation vertueuse des matériaux.
« Nous sommes au cœur de l’économie circulaire » fait observer Jean-Louis Marchand, le vice-président de la Fiec, et président de la commission Economie et réglementation. « Avec la capacité que nous aurons de recycler sur place les matériaux et la limitation des transports de matériaux qu’il induit ».
La Fiec, qui constate une absence de directive claire et un manque de plateformes de recyclage, travaille à la mise en place de d’un protocole relatif aux déchets de la construction et de la démolition.
Il ne faut pas oublier le chantier : « La manière que les entrepreneurs ont de gérer leurs chantiers peut beaucoup en matière énergétique. Mais nous demandons la collaboration de tous ceux qui sont concernés. Nous attendons beaucoup des constructeurs de matériels » conclut Jean-Louis Marchand.
Beaucoup de travail donc pour le secteur de la construction, ce qui, en soi, est une bonne nouvelle.

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