Yann Jaubert : « La force de Materials Technologies est notre connaissance de matériaux de construction »

La clientèle de Materials Technologies est, à 80%, celle des industriels fabriquant des matériaux de construction. Ce groupe spécialisé dans les technologies de production a été constitué par Yann Jaubert au moyen de rachats de PME, Adler, Fimec, ACC , et Chaudronnerie Savoyarde. Il réalise à présent un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros, et emploie 200 personnes. La plus grande part de sa production est exportée. Le président de Materials Technologies explique la stratégie de son groupe, le développement qu’il en attend grâce à une politique d’innovation, en relation avec l’évolution des besoins de sa clientèle.

Le Blog d’Intermat : Quel est le lien entre les sociétés de votre groupe ?
Yann Jaubert : Elles s’adressent à des marchés similaires et complémentaires, celui des industriels producteurs de matériaux de construction, soit entre 70% et 80% de nos clients (*). Elles font le même métier, la conception, la fabrication, et la mise en service des lignes de production.

L.B.I. : Quels matériaux ?
Y.J. : Le béton, et les matériaux isolants. Adler produit des usines de presses à béton, des équipements de préfabrication linéaire. Adler fabrique aussi des moules pour ces deux types de production, et propose enfin des solutions logicielles pour le BPE. Fimec vend des lignes de transitique, manutention, et palettisation automatique, pour les matériaux de construction, notamment les produits en terre cuite. Fimec propose aussi des fins de installations de production pour les isolants, laine de verre, laine de roche. Et enfin des lignes de production pour la préfabrication lourde. ACC fournit des équipements pour la fabrication des matériaux isolants. Chaudronnerie Savoyarde fabrique des moules pour la préfabrication en démoulage immédiat et différé.

L.B.I. : Quels part de votre production exportez-vous ?
Y.J. : Les marché français sont au plus bas. Aussi, faute de neuf, en France nous réalisons surtout des opérations de réhabilitation, et nous fournissons du service. A présent nous exportons 70% de notre production. Vers les Etats-Unis, l’Europe et le Moyen-Orient pour Adler, l’Afrique du Nord pour les installations à destination de la terre cuite de Fimec.

L.B.I. : Comment vous situez-vous par rapport à la concurrence ?
Y.J. : Nous connaissions bien le plâtre, le béton, la terre cuite, les isolants. Nous avons une position privilégiée pour répondre à la demande de nouveaux clients, et nos entreprises travaillent en synergie. Nous n’avons pas de concurrents réunissant toutes ces compétences. C’est sans doute ce qui nous a permis de multiplier notre chiffre d’affaires par trois en cinq ans, et de doubler notre personnel.

L.B.I. : Des marchés comme celui de la Chine vous intéressent-ils ?
Y.J. : Nous nous intéressons seulement aux marchés matures dans les industries que nous visons. Et ce n’est le cas ni de l’un ni de l’autre. De plus si nous exportions en Chine, nous serions rapidement copiés.

L.B.I. : Quel rôle tient l’innovation dans votre groupe ?
Y.J. : Essentiel. C’est ce qui permettra Nous consacrons 7% de notre chiffre d’affaires à la recherche et au développement. Ainsi nous avons totalement renouvelé les produits d’Adler et de Fimec. Notre ADN c’est de travailler en « codéveloppement » avec nos clients. Et de suivre l’évolution de leurs métiers.

L.B.I : Des exemples ?
Y.J : L’industrie du béton prêt à l’emploi a beaucoup évolué, mais avait des économies à faire en matière de transport du produit. C’est pourquoi notre suite logicielle Adler Connect de géolocalisation des porte-malaxeurs, mais aussi de suivi de la charge des « toupies » (ajout d’eau, etc.) et de dématérialisation et d’archivage des bons de livraison, a été adopté par les majors, et pas seulement eux.
Je citerai aussi le marché que nous avons remporté auprès d’Alkern pour une ligne de fabrication d’éléments droits, de colonnes, et de regards en béton. Entièrement automatique elle leur confère une géométrie parfaite. Elle permet non seulement un gain qualitatif mais aussi une diminution de la pénibilité.

L.B.I : Les exigences en matière de thermique du bâtiment et plus généralement protection de l’environnement ont elles une influence sur la demande ?
Y.J. : Oui. Sur le marché des produits sandwich béton plus isolant pour lesquels nous proposons des solutions. Nous suivons également, pour les produits de substitution aux granulats dans les produits en béton.

L.B.I. : La logique du BIM a certains producteurs de composants préfabriqués en béton. Travaillez-vous sur ce sujet ?
Y.J. : Nous sommes prêts à l’intégrer. On voit bien l’intérêt pour nos clients de fabriquer la juste quantité au bon moment. Notre objectif c’est d’établir un lien entre le BIM et les outils de production. De faire évoluer ces outils pour les rendre plus flexibles et répondre exactement à la demande.

(*) Les installations de transitique de Materials Technologies ont aussi des clients dans d’autres industries : les pneumatiques (Michelin), la logistique, la métallerie, l’industrie papetière.

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