Les constructeurs français de matériels de chantier soutenus par leur marché intérieur en 2016

L’industrie française des matériels de chantier a enregistré une hausse de 8,3% de son chiffre d’affaires en 2016, pour un montant total de 2,93 milliards d’euros. Cette spécialité représente 37% des activités du Cisma (Syndicat des Equipements pour la Construction, les Infrastructures, la Sidérurgie et la Manutention), qui regroupe également les activités mentionnées dans son intitulé, soit un chiffre d’affaires global de 7,86 milliards d’euros.

Les travaux publics absorbent la plus grosse part des matériels produits par les usines françaises en 2016, devant le bâtiment, puis le vrac (applications industrielles, etc.). Cette hiérarchie est logique au regard de la différence de taille des engins nécessaires respectivement aux deux premiers secteurs, Mais la demande des TP a aussi progressé plus vite que celle du bâtiment, respectivement + 14,9% et + 7,2%.

Le marché domestique stimule les ventes

C’est le marché domestique qui a largement stimulé la croissance des ventes des matériels par les membres du Cisma, à hauteur de + 42,5%, pour un montant de 1,12 milliards d’euros.

« La loi sur le suramortissement a un réel effet sur le marché des matériels, observe Renaud Buronfosse, directeur général du Cisma. Cela s’est particulièrement senti pendant le premier quadrimestre de 2016. Les loueurs ont investi, ce qu’ils n’avaient pas fait depuis longtemps, les entreprises aussi, pour rajeunir des parcs vieillissants. Il faut ajouter que le bâtiment va mieux depuis octobre 2015, et que la conjoncture des travaux publics s’est redressée depuis septembre-octobre 2016. Aussi on peut penser que la conjoncture pourrait prendre le relais de la loi « Macron » ».
Le directeur général estime que le marché français va croître de 10% en 2017 (*). Jean-Claude Fayat, le président du Cisma, partage cette estimation, mais, tout en constatant le regain d’activité du bâtiment, demeure réservé sur celui des travaux publics, soulignant « un manque persistant de visibilité ». «  Les chantiers du Grand Paris vont stimuler le marché, mais seulement pour certaines catégories de travaux », poursuit le président du Cisma, qui, par ailleurs se prononce pour une reconduction de la loi sur le suramortissement, « un vrai soutien à l’investissement ».

L’Allemagne en tête

« Devant la bonne santé du marché domestique, les constructeurs français ont peut-être livré en priorité leurs clients nationaux », pense Renaud Buronfosse, expliquant ainsi la baisse des ventes à l’étranger, qui se sont élevées à 1,81 milliards d’euros en 2016 (– 5,7%), tandis que les importations de matériels progressaient de 17,7 %, à 1,77 milliards d’euros. « Mais notre secteur demeure un des rares de la mécanique qui affiche une balance commerciale positive, avec un taux d’exportation (exportations/production française) à 62% et un taux de couverture (exportations/importations) à 102% ».

L’Union Européenne est le plus gros client de l’industrie française (45% de ses ventes). Le deuxième client, l’Amérique du Nord, représente 18,2% des exportations. L’Europe a fait plus que se maintenir dans les chiffres du Cisma (+ 2%), l’Amérique du Nord a sévèrement fléchi (– 19%), tout comme l’Afrique, troisième zone d’exportation (11,4%), vers qui les ventes ont diminué de 21%. La progression des ventes des constructeurs français en Europe est demeurée inférieure à l’accroissement du marché européen des matériels de chantier en 2016 constaté par le Cece (Committee for European Construction Equipment), soit 10% (**). « Il n’y a pas de gros acteurs parmi les constructeurs français susceptibles de profiter de toutes les spécialités en hausse » constate Jean-Claude Fayat.

L’Allemagne tient la tête des pays importateurs de matériels français (15,5%), devant les Etats-Unis (14,3%). Les ventes vers la première ont largement progressé en 2016 (+ 13%) tandis qu’elles diminuaient fortement vers les seconds (– 28%). Tous les autres pays européens qui achètent des matériels français ont été à la baisse. « Les industriels français ont profité du bon marché allemand de 2016, mais la baisse de la livre sterling, renchérissant les importations, a sans doute profité aux constructeurs britanniques sur leur propre marché. Le regard des producteurs français sur les Etats-Unis n’est pas décalé par rapport au marché de l’année dernière » commente Renaud Buronfosse.

Le directeur général estime que les activités BTP du Cisma en 2017, marché domestique et exportations réunis, pourraient progresser de 5 à 6%.

(*) Voir aussi les prévisions du Seimat : « Marché des matériels de chantier en France : + 31% en 2016, + 7,5% en 2017 », le blog d’Intermat, mars 2017.

(**) CECE Annual Economic Report, mars 2017.

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