La reprise des travaux publics en France amplifiée en 2018

L’effet « Grand Paris » tient une place importante dans la reprise des travaux publics en France, constate la FNTP (Fédération Nationale des Travaux Publics), notamment dans les prises de commandes, à + 7,6% depuis le début de l’année 2017. Le Grand Paris comptera pour 1,2 points dans la croissance attendue du marché en 2018 : + 4% (+ 3% en euros constants).

Mais la réalité des TP, ce sont aussi les routes, les voies ferrées, les réseaux d’eau

Signes positifs

Malgré une « fragile stabilité » des facturations sur les neuf premiers mois de l’année, pour cause de reports de chantiers suite à la réorganisation des intercommunalités et le marché des zones rurales « atones », les appels d’offres publics sont bien orientés, à + 3,2%.

La reprise recouvre cependant des disparités régionales. « L’Ile-de-France a redémarré, bien évidemment, avec le Grand Paris, mais aussi Toulouse, Rennes, Bordeaux, constate Jean-Philippe Dupeyron, le chef du service des Affaires économiques de la FNTP. Mais il y a des métropoles qui n’ont pas encore connu ce renversement de tendance, comme Lyon, Marseille, ou encore Montpellier ».

Au total l’activité des travaux publics devraient croître de 2,5% en 2017, pour un chiffre d’affaires de 36,6 milliards d’euros. Témoin de cette bonne conjoncture, l’intérim est plutôt bien orienté depuis le début de l’année, dit Jean-Philippe Dupeyron. « Mais surtout, l’emploi a cessé, enfin, de baisser. Au total nous avons plusieurs signes positifs qui agissent sur le moral des chefs d’entreprise, au vu de nos enquêtes trimestrielles sur le climat des affaires. Nous constatons des soldes d’opinions positives à des niveaux élevés ».

Rançon de la reprise, la FNTP constate des goulots d’étranglement en matière de main d’œuvre. « Le cas le plus évident est celui du Grand Paris dont les chantiers aspirent la main d’œuvre des entreprises concurrentes des régions limitrophes… »

Investissement des communes

Pour 2018, la FNTP anticipe une amplification de la reprise d’activité avec une prévision de croissance de l’ordre de 4%. L’année prochaine, Bruno Cavagné, le président de la FNTP, compte sur le retour des investissements des collectivités locales, à mi-mandat en ce qui concerne les communes – période favorable à l’investissement –, qui ont reconstitué leurs marges de manœuvre financières. La FNTP estime la croissance des dépenses en travaux publics à + 3%, hors Grand Paris. « Le Grand Paris participera largement à la reprise, mais il demeure l’enjeu de l’investissement local, commente Jean-Philippe Dupeyron. C’est sur cet investissement que l’on a le plus d’incertitude » observe Jean-Philippe Dupeyron.

L’Afitf (Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France), devrait porter son budget à 2,4 milliards d’euros en 2018 (2,2 milliards d’euros en 2017), soit + 9%.

Même si le budget de la Société du Grand Paris n’est pas encore connu, la Fédération estime l’apport des chantiers de ce projet au chiffre d’affaires des entreprises de travaux publics à 500 millions d’euros.

Enfin la FNTP constate le dynamisme de la commande privée qui représente plus d’un tiers du chiffre d’affaires global des travaux publics

« La commande privée est très liée au bâtiment, et à sa reprise, notamment sous la forme de chantiers de VRD. Elle a redémarré dès la fin de l’année 2016. Nous avons tablé sur une croissance de l’ordre de cette demande de 3% en 2018. Mais il demeure, ici aussi une grande disparité régionale » ajoute Jean-Philippe Dupeyron.

Mauvais état des réseaux

Un souci cependant selon Bruno Cavagné : la pérennisation de la croissance des marchés de génie civil. Le président de la FNTP a souligné, lors du récent Congrès de Maires, certains manques d’infrastructuresLGV dans le Sud-Ouest, infrastructures numériques – et le mauvais état de nombre d’infrastructures – transport, adduction d’eau, etc.

« La FNTP a tiré la sonnette d’alarme depuis plusieurs années, commente Jean-Philippe Dupeyron. Il y a une prise de conscience sur le réseau routier national. Mais le gros du réseau est géré par des collectivités territoriales, et avec la chute des dépenses d’entretien des départements, on peut être inquiet ». Pour la première fois en France, une loi d’orientation des mobilités pour la décennie qui vient, devrait être votée au premier semestre de 2018. Les réseaux de transport ne sont pas les seuls à se dégrader.

La situation des réseaux d’adduction d’eau et d’assainissement est également inquiétante. « Au taux de renouvellement actuel cela prendrait environ 170 ans pour renouveler le réseau, un réseau dont la durée de vie est, en moyenne, de l’ordre de 50 à 90 ans ».

Bonne nouvelle, se tiendront, début 2018, des Assises de l’Eau. Ce sera donc l’occasion de poser ce problème de l’état des réseaux d’eau.

Entreprises Marchés Vue 4782 Clics

Ajouter un commentaire