+ 4,7% pour le bâtiment en France en 2017, et la croissance continue en 2018

La reprise du bâtiment en France s’est très nettement accélérée cette année, avec une hausse de 4,7% de l’activité, en volume. Le retournement de tendance s’était manifesté en 2016, à + 1,6%.  Comme l’année dernière c’est le logement neuf qui a tiré la croissance retrouvée du secteur. Ce sont 410 000 logements qui auront été mis en chantier cette année, soit 15% au-dessus de la moyenne de 1980 à 2016, se félicite Jacques Chanut, le président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB). Le logement neuf a, en effet progressé de 12,8% cette année – alors que fin 2016 il avait été prévu à + 8,6% –  contre + 4,8% l’année dernière (*). Mais, conformément aux prévisions de la Fédération, le non résidentiel a participé à l’embellie de 2017, puisqu’il a augmenté de 3,7%, alors qu’il avait chuté de 1,6% en 2016. Pour sa part, l’amélioration-entretien – qui représente près de 60% du chiffre d’affaires du secteur, progresse de 1,4%, contre 1,0% en 2016.

Retour au niveau de 2006

« Il faut remonter à 2006 pour trouver un taux de croissance aussi élevé, commente Jacques Chanut. De plus cette croissance se diffuse sur tout le territoire français, hors Outre-mer. Enfin cette embellie de l’activité s’accompagne d’une croissance des emplois ».  Ils sont repartis à la hausse avec un solde net de 20 000 emplois (– 4 900 en 2016), dont 9 000 emplois pour les salariés fixes et 11 000 pour l’intérim en équivalent temps plein. D’où des difficultés de recrutement.

Mais les entreprises se plaignent d’une stagnation des prix de leur travaux, croissant à un niveau proche du taux de l’inflation, alors que les prix de l’immobilier augmentent deux fois plus vite. Aussi les marges des entreprises demeurent dégradées. L’augmentation, annoncée, des prix des matériaux pourrait mettre les entreprises dans une situation délicate. « C’est un danger pour l’appareil de production » prévient Jacques Chanut. « Aussi j’exhorte les entreprises à remonter leur prix ».

Tassement en 2018

L’environnement institutionnel demeure mitigé, explique Jacques Chanut. Il note des points positifs, prolongement du Prêt à taux zéro (PTZ) et du dispositif Pinel, prorogés jusqu’en 2020. Le président de la FFB exprime des inquiétudes sur d’autres dispositions :  remplacement de l’ISF par l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), baisse du périmètre du Crédit d’Impôt pour la Transition Energétique (CITE), remplacement éventuel du PTZ par un prêt à taux réduit, restrictions budgétaires en matière de HLM, etc.

C’est dans cet environnement que la FFB prévoit un tassement de la croissance en 2018. « Sans ces incertitudes on aurait pu franchir les 3%, mais nous prévoyons + 2,4% » déclare Jacques Chanut. Le neuf demeurera la spécialité la plus dynamique, à + 5,2% (+ 3,4 % pour le logement neuf, alors que le non résidentiel progressera de 8,9% et + 1,0% pour l’amélioration-entretien). Les mises en chantier devraient se rétracter, à 399 000 logements tout de même. Le non résidentiel neuf, moins sensible à l’environnement institutionnel que le logement et l’amélioration-entretien, sera la seule spécialité à croître davantage qu’en 2017. Bonne nouvelle : le bâtiment devrait continuer à recruter. Ce sont 30 000 emplois nets qui devraient être créés l’année prochaine, prévoit la FNTP.

(*) Voir « Le bâtiment en France : + 3,4% en 2017 et 410 000 logements », Le Blog d’Intermat décembre 2016.

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