Matériels de chantier en France : retour vers les hauteurs

Le marché des matériels de chantier en France a, à la vue des ventes pour l’année passée, et si l’on tient compte des prévisions de la profession pour cette année 2018, repris sa course vers des niveaux qu’il n’avait pas atteint depuis le milieu des années 2000. Sans atteindre toutefois les sommets de 2007 et 2008. « Nous sommes dans la partie expansion d’un cycle qui atteindra son sommet en 2019-2020 » confirme Jean-Marie Osdoit, le président du Seimat (Syndicat des entreprises internationales de matériels de travaux publics, mines et carrières, bâtiment et levage). Le marché français des matériels de chantier a, en effet, progressé de 19% en 2017, pour atteindre les 50 214 unités.

Une embellie générale

Un marché qui s’est situé dans une conjoncture mondiale également favorable, avec des marchés à + 16% pour la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), à 10% pour les deux Amériques, + 11% pour la région Asie-Pacifique, et enfin à + 74% pour la Chine, ce dernier pays se redressant vigoureusement après une violente chute de 2011 à 2015.

Selon les chiffres recueillis pour le compte du Seimat et du Cisma (Syndicat des Equipements pour la Construction, les Infrastructures, la Sidérurgie et la Manutention) les ventes de matériels en France ont profité d’une conjoncture générale qui s’est redressée et notamment de l’embellie de secteur du bâtiment, à +4,7% et des travaux publics, à +2% (*).

Le compact l’emporte

« Les entrepreneurs ont manifesté une demande raisonnable » tempère Jean-Marie Osdoit. Ils ont profité des dispositions que leur offrait la loi Macron sur le suramortissement des investissements productifs, mais sans excès, évitant l’effet négatif sur le marché d’investissements par trop anticipés. « Ils se sont souvent limités, pour les « gros matériels », à des achats de renouvellement des parcs, sans chercher à les augmenter » précise le président du Seimat. Les chiffres que donne le Seimat confirment cette remarque puisque les matériels de terrassement « lourds » ont progressé de 16%, à comparer à la croissance des matériels compacts dans la même catégorie : + 22%.

Ce différentiel illustre l’essor tendanciel du marché des compacts – les ventes de minipelles ont représenté 53% des ventes de matériels de terrassement en 2017, contre 29% en 1998. Il illustre aussi l’essor de la location de matériels dont le Seimat analyse chaque année le poids dans le marché des minipelles, des pelles midi, des chargeuses « skid steer », et des chargeuses sur pneus de moins de 5 500 kg. Au total ces chiffres donnent une progression des ventes aux loueurs de 29%, supérieure à celle de la totalité des ventes de matériels compacts de terrassement. Il est vrai aussi que, traditionnellement, la location, offrant des matériels disponibles immédiatement, surréagit aux retournements de conjoncture de la construction.

Ce sont donc 11 574 minipelles qui auront été vendues en 2017 (+ 24%), et 1480 chargeuses compactes (+ 36%). « Les pelles « midi » – 1773 unités vendues en 2017 -n’ont pas connu l’essor qu’on leur prédisait à leur arrivée sur le marché français, constate Jean-Marie Osdoit. C’est sans doute l’effet d’une double concurrence, celle des minipelles sur pneus de 6 t et celle des pelles sur pneus de tonnage moyen à moyen supérieur, que les constructeurs proposent toujours plus nombreuses, dit le président. « La demande croissante de travaux urbains pousse à la vente de ces matériels sur pneumatiques ». Les ventes de pelles sur pneus de 11 t et plus ont cru de 25%, pour atteindre 968 unités, tandis que les pelles sur chenilles supérieures à 12 t, se sont limitées à un + 16%, avec 2231 unités vendues.

Les bétonnières portées en pointe

La route et les VRD reprennent des couleurs, avec 13 818 unités vendues (+ 21%) – + 26% pour les seuls compacteurs à conducteur porté.

La bonne santé du bâtiment dope les ventes de matériels pour le béton, avec 1353 unités vendues (+46%), surtout des malaxeurs à béton portés –  1203 unités vendues (+ 48%). Affichant de flatteuses progressions, les malaxeurs pompes, les pompes à béton portées ou fixes, demeurent peu demandées en France. Jean-Marie Osdoit s’en émeut et pense que les chantiers gagneraient à utiliser ces matériels très prisés en Allemagne.

Les ventes de matériels de levage, de manutention et d’accès en hauteur  – chariots à portée variable, nacelles, et grues mobiles ont cru globalement de 12%, + 12% pour les chariots (7134 unités) comme pour les nacelles (6968 unités).

+ 4 à + 8% pour 2018

Et 2018 ? Le Seimat prévoit, pour cette année, des ventes en croissance de 4,1% à 8%, soit de 52 300 à 54 200 unités, avec + 5% pour le terrassement (+9% pour les « gros » matériels, + 4% pour les machines compactes), + 1% pour les matériels routiers, + 3,5% pour les matériels pour le béton, et + 5,5% pour les matériels de levage, accès en hauteur et manutention. Les grands chantiers, et notamment ceux du Grand Paris, vont sans doute soutenir les ventes. « Mais l’effet de ce type de demande ne dépasse jamais les 10% des ventes annuelles de matériels de travaux publics en unités » tempère Jean-Marie Osdoit.

« La croissance va continuer, mais de manière amortie. Nous approchons sans doute du plateau avant le retournement du cycle, peut-être en 2019 ou 2020 ».

(*) Voir « + 4,7% pour le bâtiment en France en 2017, et la croissance continue en 2018 » et « La reprise des travaux publics amplifiée en 2018 », Le Blog d’Intermat, décembre 2017

 

 

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