Nicolas Fossa : « Grâce à la nouvelle joint-venture Kato Imer, nous pourrons offrir des pelles jusqu’à 18 t »

Des bétonnières aux matériels de terrassement et aux nacelles, Imer International a su se diversifier en offrant une gamme de plus en plus large de matériels de chantier, construits en Italie, et, depuis peu, en Turquie. Au développement interne se sont ajoutées des acquisitions qui ont fait entrer l’industriel dans des spécialités nouvelles. Ce sont principalement les centrales à béton, avec Oru, les nacelles sur camion, avec Iteco, les malaxeurs portés à béton, avec LT. La création d’une joint-venture avec un industriel japonais, a permis à Imer d’ajouter à son offre des matériels de terrassement, minipelles, chargeuses « skid steer », mini motobasculeurs à chenilles, transporteurs à chenilles. Imer International, compte dédormais 5 usines, 5 établissements à l’étranger, et un effectif de plus de 600 personnes. Son chiffre d’affaires est de 95 millions d’euros. Le groupe détient une participation de 10% dans Imer France, son partenaire depuis 1981, qui réalise pour sa part un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros (*). Le président d’Imer France, Nicolas Fossa, explique les voies de développement de sa société, qui s’appuie sur l’offre d’Imer International, mais aussi sur une stratégie propre, avec une carte élargie aux groupes électrogènes, à la vibration du béton, au compactage, l’importation de moteurs industriels, etc.

Le Blog d’Intermat : Quelle est l’actualité du groupe Imer ?

Nicolas Fossa : L’année dernière la division Imer Concrete qui fabrique les centrales à béton à Udine, en Italie, et les malaxeurs portés en Turquie, a accru la capacité de production de cette dernière usine à 3 000 unités par an. Cela permet de dépasser largement la capacité de production de nos deux principaux concurrents, Schwing Stetter et Liebherr, de l’ordre de 2 000 unités pour chacun, et illustre l’ambition du groupe dans cette spécialité.

L’actualité la plus récente, c’est suite au rachat de la division Construction Machinery d’IHI par Kato (*), en novembre 2016, l’évolution de la joint-venture qu’avait Imer avec IHI, IHImer, en une joint-venture avec Kato, Kato Imer.

L.B.I. : Cela va avoir une conséquence sur la production de Kato Imer ?

N.F. : Dans l’immédiat non. Mais la production italienne de minipelles de 0 à 2,7 t – à destination du Monde entier, va s’enrichir de modèles de 3 t et 3,5 t. Plus encore, Kato n’a pas racheté l’usine japonaise d’IHI, et doit intégrer cette production à la sienne dans les 3 ans. Kato a rapatrié le bureau d’études d’IHI à son siège de Tokyo. L’acquéreur, spécialiste des pelles moyennes à grosses, compte sur le savoir-faire d’IHI pour faire évoluer ses propres machines en termes de design, et vers les normes CE.

L.B.I. : Comment se place Imer France dans cet ensemble ?

N.F. : Mon père a créé notre société en 1962, pour distribuer les compresseurs Rotair en France. En 1967, nous signons un accord avec les sociétés Italiennes Bencini & Salvadori pour la fabrication des bétonnières et Cobi pour les treuils. Ces sociétés fusionneront et donneront naissance à Imer en 1974. Nous portons le nom d’Imer France depuis 1981. Nous avons travaillé avec IHI avant le groupe Imer !

L.B.I. : Comment est organisé Imer France ?

N.F. : Nous avons 3 divisions, qui correspondent à 3 clientèles. La première commercialise les petits matériels pour le bâtiment : bétonnières, équipements de projection, de vibration, de compactage, groupes électrogènes, etc. Cette division s’adresse principalement aux maçons. Notre division « TP » s’adresse aux entreprises de travaux publics et de VRD. Elle offre les minipelles produites en Italie par Imer, mais aussi des minipelles importées du Japon, de 4,5 t à 8,3 t. D’ici un an ou deux, grâce à l’arrivée de Kato, nous allons monter à 13 t et 18 t. La division « TP » offre aussi des chargeuses « skid steer », produites en Italie par Imer pour les matériels sur roues, et importées du Japon pour les modèles sur chenilles. Enfin cette division propose des nacelles automotrices, des nacelles ciseaux et articulées, des nacelles araignées, et des modèles sur porteur. Notre division « Béton » importe les centrales à béton et les malaxeurs portés fabriqués par le groupe Imer. Nous sommes les seuls à proposer une gamme complète de centrales à béton, de la centrale de chantier à la centrale de BPE, en passant par la centrale de préfabrication.

L.B.I. : Vous avez aussi une offre de pompes à béton…

N.F. : Oui, nous sommes peu performants. Nous ne nous focalisons pas sur ce marché, peu développé en France. Pour l’instant. Mais je suis allé au Japon et les choses peuvent évoluer. Nous pourrions améliorer notre offre de pompes.

L.B.I. : Comment se répartissent ces trois divisions dans vos activités ?

N.F. : Les matériels de la division « Bâtiment et petits matériels », si l’on y inclut les groupes électrogènes, fournissent 50% du chiffre d’affaires d’Imer France, la division « TP » 30% et la division « Béton » 20%. La première a faiblement progressé en 2017. C’était celle qui avait le moins souffert de la crise, et elle a retrouvé son niveau d’avant la récession. La division TP a connu une progression convenable par rapport au marché. C’est la division Béton qui a été la plus dynamique, et notamment les porte-malaxeurs qui ont connu une croissance de 50%.

L.B.I. : Quels sont vos réseaux de distribution ?

N.F. : Nous facturons chaque année 4 000 clients ! Nous sommes traditionnellement bien implantés chez les loueurs de matériels de BTP notamment pour notre gamme TP. Nous vendons également beaucoup via les réseaux de distributeurs de matériels de chantier, gros et petits. Ce qui est plus nouveau c’est notre présence dans les réseaux de revendeurs, les marchands de matériaux, les quincaillers du bâtiment, comme Descours et Cabaud. Les centrales à béton sont vendues en direct à des fournisseurs de BPE et aux entreprises.

L.B.I. : En quoi comptez-vous sur Intermat 2018 ?

N.F. : Pour nous c’est un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer. D’abord pour exposer nos produits et nos nouveautés. Mais aussi pour travailler notre image de marque, grâce à un contact direct avec la clientèle, et aussi le lancement de nouvelles marques. Par exemple, Subaru ayant arrêté ses moteurs, nous avons passé un accord de distribution pour les moteurs industriels Yamaha. Nous aurons deux stands pour Imer France, l’un à l’intérieur et l’autre à l’extérieur et un autre stand où nous présenterons les moteurs Yamaha.
(*) Ce chiffre d’affaires comprend aussi les activités de Worms, spécialisé dans la construction des groupes électrogènes et des pompes, racheté en 2013.

(**) Au moment de son acquisition IHI Construction Machinery d’IHI réalisait un chiffre d’affaires de 190 millions d’euros. Kato, constructeur de pelles hydrauliques jusqu’à 45 t, de grues mobiles, de balayeuses et de chasse-neige, réalise un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros.

Industriels Produits Vue 2206 Clics

Ajouter un commentaire