Edoardo Angelucci : « Epiroc, désormais séparé d’Atlas Copco, va nous permettre de nous consacrer totalement aux marchés du « mining » et de la construction »

Le groupe Investor a divisé ses activités de construction et de distribution d’équipements en deux entités à vocation mondiale : Atlas Copco AB garde les produits à destination des industriels, et notamment les compresseurs et groupes électrogènes. Le nouveau venu, qui a désormais la charge du « mining », mines et carrières, et de la construction, de la démolition, du recyclage, se nomme Epiroc AB, de « Epi » qui signifie « relatif à » en grec ancien et « roc », qui évoque la roche.  Les activités mises sous la responsabilité de cette entité ont représenté en 2017 un chiffre d’affaires de 3,1 milliards d’euros, soit 27% du CA d’Atlas Copco avec son périmètre d’alors (11,4 milliards d’euros). Elle emploie 13 000 personnes. Edoardo Angelucci, responsable de la France, de l’Italie, de la Grèce, d’Israël, du Maroc, de la Tunisie, de l’Algérie pour Epiroc, explique la raison de cette nouvelle organisation et ses perspectives

Le Blog d’Intermat : Quelle a été la raison de la création d’Epiroc ? Quel est son périmètre ?

Edoardo Angelucci : Le groupe Atlas Copco a pensé que son organisation ne permettait pas une attention suffisante sur le « mining » et la construction. Aussi Atlas Copco a été divisé en deux parties, l’une, Epiroc se consacrant à ces secteurs, l’autre à la clientèle industrielle. Le marché du « mining »  peut croître et décroître très rapidement, de 30% ou même 40%. Epiroc pourra compenser ces mouvements avec les secteurs des infrastructures, et de la construction. Nos matériels porteront la marque Epiroc. Ils seront produits, comme par avant, dans nos unités de production à travers le Monde : en Suède, en Allemagne, en Italie, aux Etats-Unis, au Japon, en Afrique du Sud. Nous avons aussi des usines en Chine, et en Inde, qui produisent des matériels, pour ces marchés, et pour les pays avoisinants.

L.B.I. Quelle est votre gamme de produits ?

E.A. : Les matériels de sondage, les matériels de foration, de surface et souterrains, les matériels de chargement et de transport souterrains, les matériels de soutènement des roches. Et aussi les accessoires pour les pelles hydrauliques, pour la démolition, le tri, etc. , ainsi que les pièces et consommables pour les matériels de foration.

L.B.I. : Dans vos spécialités, les pièces, les consommables, et le service sont très importants, et ce sont des marchés très concurrentiels.

E.A. : Tout à fait. Nous sommes parmi les leaders dans nos marchés, pas seulement en terme des ventes de machines, mais aussi par nos ventes de consommables et nos services. C’est une part très importante de nos activités. C’est vrai, ce sont des marchés très concurrentiels. Mais choisir nos pièces et nos consommables, c’est pour le client, non seulement une assurance que l’équipement fonctionne, mais aussi d’avoir la productivité optimale. Ce qu’il faut voir c’est ce que l’on obtient pour ce que l’on paye…

L.B.I. : Vous avez une offre de location de matériels ?

E.A. : Nous avons une offre de matériels en location, par exemple pour les jumbos. La location est un marché de niche qui s’adresse davantage au génie civil, dont les chantiers de location sont limités dans le temps, qu’au mines et aux carrières. Par exemple, pour creuser  un tunnel on peut avoir besoin, ponctuellement, d’une machine de plus. La demande de location reste stable. Nous avons aussi, avec des partenaires financiers, une offre de financement des matériels.
L.B.I. : Quelle est votre organisation commerciale et quels sont vos marchés les plus importants en « mining » et en construction ?

E.A. : Notre distribution repose sur nos 150 « customer centers » répartis dans le Monde entier . Dans les pays dans lesquels nous ne jugeons pas nécessaire d’avoir un customer center nous avons des distributeurs indépendants.. Nos ventes sont à peu près équilibrées entre l’Europe (25%), l’Asie/Australie (25%), l’Amérique du Nord (23%). Viennent ensuite l’Amérique du Sud (14%), et enfin l’Afrique et le Moyen-Orient (13%).  La répartition de nos ventes entre « mining » et construction est fonction des zones considérées. Dans les pays où il y a une forte activité minière, comme le Canada, l’Afrique du Sud, l’Australie, ou encore la Russie, nous sommes plus présents dans le « mining » que dans la construction. L’Europe, en revanche, est plutôt un marché de construction.

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