Gélase Havyarimana : « En relation étroite avec les entreprises, Batiroc-Protect apporte des solutions innovantes en matière de sécurité dans les accès en hauteur et de diminution de la pénibilité »

 

Batiroc-Protect, dont le chiffre d’affaires, 5,3 millions d’euros en 2017, affiche une progression de 25% à 30% par an. Innovation constante,  développement de nouveaux produits – avec un bureau d’études de 5 personnes, l’entreprise dépense 15% de son chiffre d’affaires en recherche et développement – , le programme est chargé. Gélase Havyarimana, le directeur général, a décidé de se préoccuper de la sécurité des compagnons sur le chantier. Avant de créer Batiroc-Protect, en 2008, il a travaillé un an en bureau d’études et s’est forgé une expérience dans le secteur des échafaudages dans le groupe Altrad. Suite au rachat de deux industriels, Batiroc-Protect a commencé à rapatrier en France sa production, d’abord de ses prototypes, puis de ses équipements sur catalogue. La société, désormais un groupe qui emploie 46 personnes, a gagné au passage de nouveaux produits, une activité coffrages sur mesure, et une clientèle industrielle, explique Gélase Havyarimana. Batiroc-Protect, qui pourrait porter son chiffre d’affaires à 8,5 millions d’euros en 2018, et 10 millions d’euros en 2019, ambitionne un développement, prudent, à l’international, Suisse, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne.

Le Blog d’Intermat : Quel est le domaine de compétence de Batiroc-Protect ?

Gélase Havyarimana : Notre démarche, c’est apporter des solutions innovantes en matière de sécurité dans les accès en hauteur, de diminution de la pénibilité, dans tous les domaines où un compagnon  peut se faire mal. Nous avons démarré avec la Gémagrille, un cadre grillagé en acier qui constitue une protection contre les chutes dans les cages d’ascenseurs sur les chantiers. Ce produit a été développé avec  des entreprises qui se le sont approprié. Puis, au moment où la construction en briques prenait son essor, nous avons travaillé sur des protections grimpantes. Nous avons sorti, pour la mise en œuvre des matériaux creux, les matériels de protection périphérique Mac Protect, Mac Bloqueur et Mac Sekurit. Ce dernier protège les compagnons qui montent des briques sur toute la hauteur de  l’étage et est monté en une fois à chaque changement de niveau. Entretemps nous avions sorti le Gemabloc 360, présenté à Intermat 2018, un système de potelets pour la sécurité sur les dalles, les balcons, les terrasses. Notre produit prend toutes les inclinaisons. Et, suite à un accord avec une filiale de Vinci, nous avons ajouté à notre offre le Bat’Access, un escalier modulaire et manuportable pour l’accès dans les trémies des dalles. Nous avons pris la licence de production et de commercialisation. La protection maçonnerie pèse pour 25 % dans notre activité, la protection ascenseurs pour 25%. Nous travaillons à parts égales pour les grandes entreprises et pour les PME.

L.B.I. : Quelle pourrait être l’étape suivante ?

G.H. : Avec ces produits, nous pouvons sécuriser tout le chantier de gros-œuvre de bâtiment. Pour nous, la suite logique c’est la sécurisation de la toiture.

L.B.I. : Vous travaillez aussi sur le stockage ?

G.B. : Un chantier bien rangé c’est un chantier plus sûr. Nous proposons des solutions de stockage pour les éléments de garde-corps. L’entreprise que nous avons rachetée en février 2018 fabrique des racks de stockage à niveau constant pour l’industrie . Dans une cantine universitaire on stocke les assiettes à un  niveau constant car le support descend à mesure que la charge augmente. Quand un compagnon du bâtiment sort une centaine d’étais de 14 kg, les contrôle, les répare, et les stocke dans un autre panier, il soulève 1 400 kg multipliés par 3… Il y a encore beaucoup de choses à faire dans notre métier.

L.B.I. : Quelle est votre structure de production ?

G.H. : Jusqu’en 2016, nous sous-traitions tout. La R&D était intégrée, mais  la production et  la fabrication des prototypes étaient assurées par des partenaires. Nous nous sommes rendus compte que cette politique de sous-traitance était une faiblesse. Alors nous avons acheté une entreprise qui fabriquait des coffrages en bois, en acier et en aluminium et avait une activité de chaudronnerie.  Nous avons commencé à y rapatrier les prototypes que nous faisions fabriquer à l’étranger.

En février 2018 nous avons acheté une entreprise de tôlerie performante, qui va nous permettre de rapatrier progressivement la production qui est assurée en Pologne, au Portugal et en Bulgarie.

L.B.I. : A quelle échéance votre production pourrait-elle être totalement française ?

G.H. : Je ne le sais pas. Nous allons très doucement en fonction de nos capacités d’investissement, et notre activité croit de 25% à 30% chaque année.  Aussi il nous faut préserver et ménager nos partenaires, qui assurent encore énormément notre production. Notre croissance a besoin d’eux.

L.B.I. : Au passage vous avez gagné une activité de coffrages sur mesure…

G.H. : Oui. Et nous avons réorganisé cette production. La première entreprise se consacre désormais exclusivement aux coffrages en bois, et nous avons déplacé l’activité coffrages en métal dans notre nouveau site. L’un et l’autre ont beaucoup de travail et ont gardé leur bureau d’étude. La première, qui, apportera cette année 1,2 millions d’euros au chiffre d’affaires de Batiroc-Protect, que nous espérons porter à 8,5 millions d’euros en 2018. Nous avons conservé l’autonomie de la seconde qui porte désormais le nom de Batiroc-Protec Industries et réalise un CA de 1,5 millions d’euros. Son bureau d’études regroupe désormais les activités coffrages métalliques et la sécurité. Il travaille aussi pour les nombreux clients qui nous demandent des équipements spéciaux, spécialité qui constitue désormais son activité principale. Batiroc-Protect est ainsi devenu un de ses clients parmi beaucoup d’autres…

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