Rolland Mélet : « Avec 360SmartConnect nous donnons au béton un comportement numérique »

360SmartConnect est créée en 2016. Son produit reçoit un Innovation Award à Intermat 2018 au titre des composants et accessoires dans la catégorie « Bâtiment et Filière Béton ». Informaticien de formation Rolland Mélet, président de cette start-up,  découvre le béton, côté maîtrise d’œuvre, en 2004 à l’occasion de la création de « skateparks ». Puis a l’idée de proposer des produits en béton connectés aux collectivités locales. La start-up réunit à présent les compétences pour doter les ouvrages en béton de marqueurs intelligents sans application qui les relient automatiquement à une base de données consultable via un smartphone. Rolland Mélet explique son produit et les perspectives de 360SmartConnect.

Le Blog d’Intermat : Comment a été créée 360SmartConnect ?

Rolland Melet :  Dans une précédente société, nous avons d’abord pensé à faire des mobiliers urbains en béton mobiles et connectés. Pour cela il nous fallait concevoir des objets robustes mais en y intégrant des composants électroniques par nature fragiles. L’idée c’était que le béton, inerte, apporterait une protection au composant qui conférerait à l’élément en béton un comportement numérique. Nous avons pensé à élargir cette idée à la filière béton.

L.B.I. Pour quoi faire ?

R.M. : L’objet c’était de créer un double digital de la pièce physique et de lui associer un lien vers un système d’information, comme par exemple la maquette numérique. Pour la liaison nous avons choisi le protocole NFC, désormais disponible sur tous les smartphones du commerce. Mais une fois réunis ces éléments, il manquait la gestion informatique. Nous mettons dans le béton un marqueur intelligent, mais ce marqueur intelligent n’a de sens que si il y a une infrastructure digitale assez robuste derrière. Ça a été l’enjeu de la formation de notre équipe de créer cette infrastructure et les services qui y sont associés. Nous avons donc mis au point les programmes qui permettent d’interagir avec le marqueur.

L.B.I. : Vous avez des concurrents ?

R.M. : D’autres ont pensé faire des interfaces mobiles mais si vous êtes sur un chantier et si vous êtes face à un objet et que vous n’avez pas le bon programme vous ne pouvez pas retrouver la bonne donnée. Notre système vous procure immédiatement l’applicatif, à condition que vous en ayez l’autorisation.

L.B.I. : Comment se présente votre marqueur ?

R.M. : C’est un composant électronique, que nous fournit STMicroelectronics qui a une durée de vie de 200 ans. Il est protégé par un étui de 3 cm de diamètre et de 4 mm d’épaisseur, qui renferme également une antenne, spécialement conçu pour le protéger de l’humidité et de la nature alcaline du béton. Cet ensemble est fixé à un support adapté au type d’application. Il est dépourvu d’énergie, mais le lecteur alimente momentanément le système. Chaque marqueur est doté de deux identifiants, l’un d’usine, l’autre est celui de l’avatar qui lui est associé, et d’un « vecteur » qui explique au smartphone comment aller chercher l’avatar digital. On y a ajouté un petit « coffre-fort » digital, protégé par un mot de passe dans lequel on peut mettre du contenu. Notre produit permet une traçabilité des données partageables entre tous les acteurs du projet.

L.B.I. : Quels sont les secteurs d’applications de votre système ?

R.M. : Les secteurs de la préfabrication, du béton coulé en place et du béton prêt à l’emploi. Nous proposons aux entreprises de préfabrication, qui doivent produire des stocks importants,  la traçabilité de leurs pièces. Pour le béton coffré, c’est le même schéma. Sur le chantier notre objectif est de fournir une traçabilité de l’origine du produit et d’alléger la paperasserie en créant des porte-documents dématérialisés reliant l’ouvrage à ses documents.
L.B.I. : Vous produisez vous-même vos marqueurs ?

R.M. : Nous sous-traitons auprès de fournisseurs agréés. Nous ne nous interdisons pas de les produire nous-mêmes un jour.

L.B.I. : Quelles sont les perspectives de développement de 360SmartConnect ?

R.M. : Nous avons une solution intéressant toute personne dans un écosystème ouvert qui a besoin d’avoir une collaboration autour d’un même produit depuis le producteur jusqu’à l’utilisateur final, en passant par le négoce. C’est une vaste clientèle. Nous réalisons à présent un chiffre d’affaires de 150 000 euros, avec 7 personnes. Dans les 4 ans nous pourrions porter ce chiffre d’affaires à 10 millions d’euros, avec une vingtaine de personnes. Nous sommes en cours de lever de fonds pour rendre possible cet objectif.

(*) NFC, Near Field Communication, est une technologie de communication entre deux périphériques compatibles. Il les met en relation, sans fil,  à courte distance via des ondes courtes.

Industriels Produits Services Vue 438 Clics

Ajouter un commentaire