Conditions générales de location, charge à l’essieu : l’UFL veut améliorer les conditions de travail des levageurs

Les levageurs souhaitent améliorer leurs conditions de travail et maintenir leur rentabilité. L’Union française du levage s’est donnée pour objectif de gagner en notoriété, pour recruter de nouveaux membres dans une profession qui demeure peu concentrée – les trois majors ne détiennent que 60% du marché -, mais aussi pour mieux faire entendre sa voix, explique son président, Alexandre-Jacques Vernazza.

Cette organisation professionnelle, associée au DLR (Fédération nationale des distributeurs loueurs et réparateurs de matériels de bâtiment, travaux publics et manutention) depuis 2016, qui vient de tenir son assemblée générale à Paris, rassemble une centaine de levageurs.

L’air du temps : rouler léger…

Les conditions de circulation des grues mobiles a été un sujet de discussion avec les pouvoirs publics depuis de nombreuses années. Les constructeurs proposent des machines qui satisfont à la réglementation, en présentant une charge à l’essieu maximum de 12 t. Mais les grues sont de plus en plus performantes, dotées de flèches de plus en plus longues, et, partant, nécessitent des contrepoids de plus en plus lourds, impliquant, pour rester dans le cadre de la réglementation, un transport séparé. Le problème n’est pas tant pour les grosses machines, qui sont toujours accompagnées d’un transport de contrepoids, voire d’autres éléments : plaques de calage, apparaux, etc.. « Une 3 essieux avec 48 m de flèche est conforme avec 6 t de contrepoids mais il lui faut 12 t pour tirer parti de sa capacité de levage, donc il faut déposer 6 t » illustre Alexandre-Jacques Vernazza. L’une des solutions est d’obtenir des pouvoirs publics qu’il accroissent la charge à l’essieu admissible sur la voie publique. « Les Britanniques l’ont obtenu, l’autorisation passant de 12 t à l’essieu à 14 t à l’essieu. Mais l’air du temps c’est rouler léger, faire des économies, respecter l’environnement » constate le président de l’UFL.

Concurrence déloyale

La solution, c’est de faire payer le transport en plus au client. Pas toujours évident, si l’on constate que certains levageurs ne font pas appliquer les conditions générales de location et de prestation de levage de la profession, dont la dernière rédaction date de 2016. « C’est un phénomène qui intervient souvent dans les transactions avec les majors, aussi bien de l’industrie, que du BTP » précise Hervé Rebollo, le délégué général de l’UFL.

A cela peut s’ajoute des manifestations de concurrence déloyale : « On a vu des levageurs étrangers venir avec des grues non immatriculées en France, et des travailleurs non détachés, au sens de la réglementation européenne » déplore le président de l’UFL. En outre ces véhicules rouleraient au gazole non routier. Un phénomène qui a été observé sur le chantier d’Iter, à Cadarache (13 ) et à Paris.

L’UFL accepte les levageurs étrangers. Ils sont au nombre de 3 parmi les membres du syndicat. « La condition, c’est d’avoir un minimum de 5 grues immatriculées en France, et de s’engager à utiliser des travailleurs détachés légalement. Alors ils sont les bienvenus » dit Alexandre-Jacques Vernazza.

Code de conduite

L’assainissement des pratiques des levageurs passera par un code de conduite commun. L’UFL prépare un label, auquel devront se conformer ses membres, et qui comprendra un certain nombre d’obligations, dont, bien sûr, le respect des contraintes réglementaires en termes de charge à l’essieu, mais aussi l’engagement de faire passer le Caces (*) à ses opérateurs de grue, ou encore le respect des conditions générales de location dans les contrats avec leurs clients.
La liste des levageurs titulaires de ce label sera largement diffusés, et notamment communiquée aux entreprises clientes.

Grand Paris et éoliennes

Cette remise à plat des pratiques intervient dans une conjoncture favorable pour la profession. L’UFL ne détient pas de statistiques pour tout le secteur, mais les chiffres des levageurs laissent augurer une croissance de 10% de leur activité pour l’année 2018, via des opérations courantes mais aussi grâce à des marchés porteurs.

Le Grand Paris va-t-il fournir beaucoup de travail aux levageurs ? « C’est à la fois vrai et pas vrai, répond Alexandre-Jacques Vernazza.  Il s’agit souvent de chantiers très techniques, dans des conditions très spécifiques, dans des espaces confinés, qui nécessitent une préparation de plusieurs mois ».
Le marché des éoliennes pour sa part est reparti à la hausse : « Assez calme en 2016, il a affiché une bonne reprise  en 2017 et sera excellent cette année 2018. Les parcs  éoliens allemands sont presque achevés et le marché se déplace en France. Ça a commencé en avril 2018 et nous avons de grosses prévisions de croissance en 2019 ».

De quoi fournir du travail à une profession qui recrute, parfois avec difficulté, aussi bien des opérateurs que des mécaniciens.
(*) Certificat d’aptitude à la conduite en sécurité, non obligatoire pour les opérateurs de grues.

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