Travaux publics en France en 2019 : + 3% et 10 000 créations d’emplois

La croissance s’est accélérée en 2018 pour les travaux publics, se félicite la FNTP, au-delà des prévisions du syndicat, à + 7% en volume, portant le chiffre d’affaires de la profession à 41 milliards d’euros. Cette tendance se poursuivra en 2019, avec une activité à + 3% en volume. Le niveau des affaires est demeuré, l’année dernière 15% en dessous de celui de 2007, remarque cependant Bruno Cavagné, le président de la Fédération Nationale des Travaux Publics.

Dynamisme des collectivités locales

C’est principalement le dynamisme des collectivités locales, premier client des TP, à hauteur de 41% de leurs activités, qui assure la bonne conjoncture du secteur. Leurs commandes, reparties à la hausse en 2017, devraient encore progresser « significativement » en 2019. « Les années pré-électorales sont toujours des années extrêmement dynamiques » commente Bruno Cavagné.

Le Grand Paris, pour sa part devrait continuer de participer à la demande de travaux publics et ses investissements devraient monter en puissance en 2019 et 2020 pour atteindre un « rythme de croisière » de l’ordre de 4 milliards d’euros par an, estime la FNTP. Le président ajoute à cette demande celle relative à l’énergie et au très haut débit. « C’est vrai aussi pour les grands opérateurs. SNCF Réseau va continuer à investir dans les années qui arrivent. De même avec le deuxième plan des concessions autoroutières, malgré quelques incertitudes ».

Des financements incertains

« Tout ça c’est formidable mais on a quelques inconnues » Bruno Cavagné pointe le financement de l’Afitf (Agence de financement des infrastructures de transport de France), avec une recette des amendes par radar inférieure aux prévisions, le gel de la hausse de la TIPCE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), le report de la vignette pour les poids lourds, ou encore l’élaboration de la loi d’orientation des mobilités. « Qu’on ne nous dise pas que la Lom est reportés sine die alors que la mobilité est une des solutions à la crise que nous connaissons ». La FNTP prévoit également un fléchissement de la demande du secteur privé, qui représentera 34,9% de l’activité des TP en 2019, à – 0,5%. C’est une conséquence de la baisse des permis de construire de logements neufs (*). Dans les 3% de croissance annoncée pour 2019, la plus forte progression proviendra des grands opérateurs (+ 9,5%), suivis par l’Etat (+ 4,5%) et les collectivités locales (+ 2,5%).

Attirer les jeunes

L’emploi profite largement de cette embellie. La reprise s’est traduite par une augmentation des emplois intérimaires en 2017 et par la création de 10 000 emplois permanents en 2018. La FNTP envisage d’embaucher 200 000 personnes dans les cinq ans à venir, dont 40 000 pour l’année 2019 (10 000 créations nettes).

La main d’œuvre est en effet la plus grande contrainte du secteur. « Nous devons attirer les jeunes dans les travaux publics ». Pour cela la FNTP, qui s’engage à accroître ses effectifs d’apprentis, de 50% d’ici 5 ans, a lancé une campagne de promotion du secteur sous la forme d’un clip visant la tranche des 13-18 ans.

Tout ceci pour conforter des infrastructures françaises très améliorables : 53% des routes nationales sont en mauvais ou très mauvais état, de même 23% des routes communales, 22% du réseau ferré a atteint sa durée de vie maximale, 40% du linéaire de canalisations a plus de 40 ans, 44% des Français n’ont pas accès au très haut débit Internet.

(*) Voir « Secteur du bâtiment en France : la fin de la croissance en 2019 ? », Le Blog d’Intermat, décembre 2018.

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