Croissance amortie pour l’artisanat et les petites entreprises du bâtiment en 2019

« Les cycles du bâtiment raccourcissent, constate Patrick Liébus, le président de la Capeb. Malgré un ralentissement de la croissance au quatrième trimestre de 2018, à + 2% en volume, l’activité dans l’artisanat et les petites entreprises du bâtiment a été marquée par une progression de + 2,5% pour toute l’année dernière, soit rythme semblable à celui de 2017.

C’est, très nettement, le neuf qui a tiré l’activité de la profession, à + 2% au quatrième trimestre et + 5% pour toute l’année, l’entretien et la rénovation demeurant à + 1% au quatrième trimestre, comme pour toute l’année. « Les ventes dans l’ancien ne sont plus accompagnées autant que par le passé de travaux de rénovation, dans les deux ans ou moins, constate le président de la Confédération des artisans et des petites entreprises du bâtiment. Or la rénovation représente 58% de l’activité des petites entreprises et des artisans ».

Disparités régionales

Cette tendance nationale recouvre des disparités régionales. C’est l’Occitanie qui a tiré l’activité au quatrième trimestre de 2018, avec une croissance de 3,5%, suivie par les Hauts de France, la Bretagne, les Pays de la Loire et la Bourgogne-Franche-Comté, à + 2,5%. Les régions Grand-Est, Auvergne-Rhône-Alpes, et Nouvelle Aquitaine ont connu une croissance de 2%. Tandis que les activités ont progressé de seulement 1,5% en Ile de France, en Normandie, dans le Centre-Val de Loire et en Paca-Corse.

Les métiers se sont répartis, en 2018, en deux catégories. La couverture-plomberie-chauffage, l’électricité et la maçonnerie, ont progressé de 2,5%. Les menuisiers, les serruriers, l’aménagement et la décoration ont été en léger retrait à + 1,5%.

Emplois fermes

Ce serait un début de stabilisation qui s’annoncerait pour cette année 2019. « Notre activité a redémarré au premier trimestre de 2016, pour atteindre un pic de taux de croissance au deuxième trimestre de 2018 ». Au total , la Capeb envisage une année à + 0,5%, avec une progression du neuf de 0,5% et des travaux d’amélioration et d’entretien en augmentation de 1%, tout comme en 2018 et en 2017.

Ce bilan et ces perspectives s’inscrivent dans un pays dont la croissance, révisée il y a peu, a marqué le pas à 1,5% en 2018. Les petites entreprises continuent cependant d’embaucher. Elles ont engagé entre 8 000 et 10 000 compagnons en 2018, contre 7 000 en 2017. Elles ont peu recours à l’intérim, dont les candidats, tout comme  les travailleurs détachés, ont rarement les qualifications correspondant à la demande, constate la Capeb. Le secteur représente 60% des emplois dans le bâtiment, rappelle Patrick Liébus.

Taux de marge en baisse

Les travailleurs détachés, légaux ou non, constituent une concurrence pour les entreprises du bâtiment, régulièrement signalée par la FFB. Même si le phénomène est moins flagrant pour les petites entreprises, Patrick Liébus cite l’exemple d’un plombier qui a créé une structure en  Pologne, afin « d’importer » des salariés de ce pays, stratégie qui a pour effet de tirer les prix vers le bas dans sa région, pesant ainsi sur des marges, traditionnellement faibles dans le secteur.

Le taux de marge des entreprises de moins de 20 salariés est en général inférieur à 6% pour la majorité des entreprises. Il serait, le plus souvent de 2% à 4%, estime la Capeb, surtout parmi les plus petites entreprises, et tendrait à baisser sous l’effet de la concurrence. Sans qu’on puisse en mesurer l’effet, les interventions des micro-entreprises, dont la création a connu un véritable boom en 2018, pourraient peser sur les marges des entreprises de la Capeb.

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