Jean-Pierre Puiroux : « Le rachat d’ADMI par M.A Systèmes correspond à la volonté claire de nous développer dans l’environnement du BTP »

Jean-Pierre Puiroux a constitué, par rachats successifs, d’Adimep, puis de Mecalor, un groupe spécialisé dans les équipements intelligents, les automatismes, pour les engins mobiles, les camions, et, plus récemment, pour les centrales à béton, les centrales d’enrobage, et les carrières. M.A Systèmes, avec le rachat récent d’ADMI, emploie 40 personnes, et réalisera un chiffre d’affaires global de 5 millions d’euros en 2019. Innovation, synergies entre ses spécialités, matérialisées par un bureau d’études commun et une équipe de techniciens de terrain qui interviendra pour les trois marques, devraient permettre à M.A Systèmes de se développer, explique Jean-Pierre Puiroux. Le P-DG ambitionne un doublement du chiffre d’affaires du groupe dans les cinq ans.

Le Blog d’Intermat : Pourquoi avez-vous racheté ADMI ?

Jean-Pierre Puiroux : Nous avions une volonté claire de nous développer dans l’environnement du BTP. ADMI, spécialisée dans les automatismes pour les centrales à béton, les centrales d’enrobage, et les carrières, peut nous ouvrir des opportunités dans cette clientèle. Elle donnera plus de ressources à notre bureau d’études, et nous permettra de renforcer nos services, en complément de nos spécialités actuelles, celles d’Adimep et de Mecalor.

L.B.I. : Quels sont ces spécialités ?

J.-P.P. : Nous avons trois spécialités. La première c’est la mécatronique, les solutions de contrôle-commande. Elles permettent de piloter les moteurs, les asservissements, les capteurs qui gèrent la sécurité. Nous travaillons ainsi avec le bureau d’études et les services d’achat des constructeurs de matériels de chantier, de manutention, machines à vendanger, de camions.

Notre deuxième spécialité est le graissage automatique, pour lequel nous nous appuyons sur la puissance du groupe SKF, dont nous intégrons les produits,  et le pesage embarqué. Ce sont des systèmes qui sont principalement installés à la demande des clients finaux, notamment par les grands comptes, directement chez des constructeurs, comme Toyota, Bourgoin, ou chez les concessionnaires.

Notre troisième activité ce sont les solutions de vidéo et de détection. Nous proposons des systèmes de sécurité évolués qui intègrent plusieurs caméras, montés par exemple chez Bergerat Monnoyeur.

Nous sommes en train de développer une nouvelle gamme de dispositifs de détection. Le premier produit, le Vigikeep, très innovant, permet de sécuriser l’environnement des engins de TP selon deux méthodes, la détection des obstacles et la détection des réfléchissants.

L.B.I : Il n’y a pas de reconnaissance de forme humaine ?

J.-P.P. : Non, vous parlez de dispositifs qui mettent en œuvre la stéréographie. Soumis à l’algorithme que l’on incorpore dans la machine, ils ont des limites : un groupe de personnes proches les unes des autres, une personne accroupie pour lacer son soulier, ne sont pas reconnues comme des formes humaines. Nous avons choisi un système fonctionnant à partir de l’envoi d’un signal infrarouge. Nous avons développé le Vigikeep, en partenariat avec le fabricant de caméra IFM, dans son ensemble et notamment une synthèse vocale.

En cas de danger il émet des messages en clair  dans la cabine pour l’opérateur, et à l’extérieur : « Attention personnel en approche » ou « Attention zone rouge ». Ces messages remplacent avantageusement les « bip-bip », qui ne veulent plus rien dire sur les chantiers, et qui, de plus, s’entendent de beaucoup plus loin – ce qui contribue à la pollution sonore dans les zones urbaines.
Sur cette base nous pourrons développer les solutions qu’ADMI pourra proposer pour la sécurisation des zones de travail, avec des barrière virtuelles à destination des carrières, des centrales à béton, des centrales d’enrobage.

L.B.I. : Quelle est la clientèle de votre groupe ?

J.-P.P. : Les grands comptes comme Point P, Lafarge, Eurovia, Colas, etc.. Les constructeurs d’engins, Toyota, Guima, du groupe Palfinger, New Holland, Putzmeister, pour les machines à vendanger, et de centrales à béton pour ADMI. Notre troisième clientèle ce sont les réseaux de distributeurs, et les carrossiers. Nous travaillons avec à peu près tous les réseaux de matériels de chantier en France,  JCB, Volvo, Hitachi, Komatsu, Takeuchi, Case, un peu avec Liebherr.  Nous sommes référencés chez Bergerat Monnoyeur. Nous travaillons avec les réseaux de carrossiers de Hiab, de Renault Trucks, de Mercedes-Benz Trucks. Nous produisons nos équipements dans deux ateliers, sans faire appel à la sous-traitance. Et 80% des systèmes que nous vendons sont installés par notre équipe de techniciens de terrain commune aux trois marques, qui est aussi chargée du service après-vente.

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